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2017-2018 : La place de Dieu dans la cité
18 septembre 2017

La place de Dieu dans la cité, si ce n’est dans la société, est un sujet largement débattu dans diverses enceintes et sur la place publique, d’où des laïcistes impénitents voudraient l’exclure. Afin de la définir correctement, l’AES s’efforcera d’en rechercher les fondements philosophiques, anthropologiques, politiques, juridiques, historiques. Depuis les origines de l’humanité, l’homme, être spirituel, a su distinguer le sacré du profane ; il a su prendre en compte le fait religieux. Et les sociétés se sont organisées en conséquence.

Différents domaines d’illustration seront examinés : l’école et l’université, l’hôpital, les armées, où les choses ont plus ou moins évolué depuis la fameuse loi de séparation des églises et de l’État de 1905. La question de l’Islam enfin ne peut être éludée. La neutralité chère à la laïcité républicaine ne risque-t-elle pas d’être vaine lorsque la distinction entre les domaines politique et religieux est niée ? Dieu doit-il alors acquérir une place nouvelle dans la cité ?

Les chrétiens savent bien qu’il s’agit de la distinction du spirituel et du temporel, de Dieu et de César. L’expérience et les suggestions de responsables de l’Église aideront enfin l’Académie à tirer le meilleur bénéfice de cette réflexion.

Dieu dans la cité : mérites et limites de la séparation
Pierre Manent, Directeur d’études au Centre de recherches politiques Raymond Aron

« Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Lc 20,25) : « Quand une parole évangélique est presque universellement acceptée, il est urgent de s’inquiéter ! », mettait en garde Pierre Manent le 19 octobre dernier lors de sa communication à l’AES portant sur la nécessité et les limites de la « séparation » à propos de place de Dieu dans la cité.

Le christianisme est une religion de la foi, et non pas de la loi comme peuvent l’être le judaïsme et l’islam. Est-ce à dire pour autant que le christianisme doive se désintéresser de la loi ? Bien au contraire, le christianisme reconnaît que les hommes sont laissés au pouvoir de leur propre conseil pour organiser la vie terrestre : l’homme naît et demeure sous la loi. Cette reconnaissance de la responsabilité de l’homme exige d’œuvrer pour obtenir que la loi ne commande pas des actes contraires à la vie vertueuse, mais qu’elle encourage cette dernière. Voilà pourquoi la séparation ne peut pas être un obstacle à la présence active des chrétiens dans l’espace social.

Pourtant, depuis plusieurs décennies, la laïcité s’est restreinte à confiner la religion dans l’espace privé, tandis que paradoxalement l’espace public devient de plus en plus un lieu de mise en scène de la vie privée. En effet, la doctrine des droits, loin d’encourager l’action humaine, suit l’individu dans ce qu’elle a de privé : dans un nihilisme des plus virulents, celle-ci exige que la lumière publique éclaire la particularité de chacun. « C’est mon choix, c’est mon droit ». Or aucune société ne peut survivre longtemps au mouvement de désocialisation qui découle de cette conception du monde.

Aujourd’hui la question religieuse est redevenue une question politique : la cité la perçoit comme affectant la chose commune. Loin de se replier dans une position de défense, qui priverait alors notre pays de tout référentiel, l’Eglise a le droit et le devoir de réclamer une attention particulière dans la mesure où la parole chrétienne cherche chacun quel qu’il soit dans sa capacité de libre réponse. Les chrétiens doivent revenir dans le centre de la cité pour y prendre leur place légitime afin d’agir et de réunir. C’est donc une invitation à l’engagement que Pierre Manent nous a donnée, nous offrant ainsi une belle transition avec notre réflexion menée l’année dernière. Cessons de jouer les timides, et agissons en médiateurs au sein de notre cité fragmentée par la dispersion des forces spirituelles en lui offrant, selon l’expression de Pierre Manent, « un appel sobre, amical et explicite » !

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Les communications du cycle de réflexion de l’Académie d’éducation et d’études sociales sont ouvertes à ses membres et à ses invités.

Contact : contact@aes-france.org

 
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