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2014 - 2015 : "Le visage des pauvres"
17 octobre 2014

Pour le pape François "Vivre la charité, c’est porter les fardeaux des plus faibles et des plus pauvres." Son insistance à évoquer ce thème nous invite nous-mêmes à renouveler notre regard sur les pauvres. Il faudra à l’Académie faire l’effort de ne pas s’enfermer dans un discours théorique sur la pauvreté, mais bien envisager de regarder les pauvres, de les écouter, de les comprendre, de les aider ou de les secourir.

Mais il faudra d’abord se demander qui sont les plus faibles et les plus pauvres et quels sont leurs fardeaux. Il faudra distinguer entre la pauvreté et la misère : la misère ou la grande pauvreté qui sont à éradiquer de notre monde parce ce qu’elles tendent à ôter à ceux qui en sont victimes même leur dignité. A l’inverse il faut savoir prendre en compte les pauvres, tous les pauvres, les victimes de toutes les pauvretés, économiques, sociales, culturelles, affectives ou spirituelles.

Pour cela il faudra tout d’abord que l’Académie cherche à reconnaître le visage des pauvres dans le monde, en ayant à l’esprit d’une part le regard de Dieu lui-même sur les pauvres dans la Bible, en n’oubliant pas non plus la grande distinction entre les pauvretés subies et la pauvreté choisie, la pauvreté religieuse ou évangélique avec, par exemple, les références à saint François d’Assise ou à saint Vincent de Paul.

*Le visage des pauvres, édition François-Xavier de Guibert (DDB), 21 €.

L’impératif éthique
par Nicolas Aumonier, membre du Conseil de l’AES, Maître de Conférences en Histoire et Philosophie des sciences

- Octobre 2014

La philosophie sert-elle à justifier que l’on passe devant un mendiant sans rien lui donner, comme le faisait dire Rousseau à l’un de ses personnage ? « Qui réveillera les installés que nous sommes ? » demandait le Cardinal Saliège dans ses écrits spirituels.

Pour répondre à ses questions, Nicolas Aumonier nous a d’abord entraîné dans une réflexion philosophique. Qui commande quoi ? Est-ce l’urgence, le malaise ? Pour quoi ? Pour faire le Bien (Aristote) , pour faire notre devoir (Kant), parce que c’est utile (Rousseau) ? A qui s’adresse l’impératif éthique ? A notre conscience, à la société qui élabore des consensus ? Pour qui ? L’être humain, l’animal, tous les vivants ? Comment supprimer la souffrance ?

Mais cette analyse ne s’avère guère utile pour l’action. Lévinas enseigne que l’autre me saisit par son visage, nu... pauvre... même si l’interdiction de tuer n’empêche pas de tuer. Madeleine Delbrel parle du cri des pauvres. « J’ai entendu le cri de mon peuple » dit Dieu à Moïse au buisson ardent. Et dans « La joie de l’Évangile », le Pape François nous invite à être « instrument de Dieu pour écouter le cri des pauvres ».

Finalement, le commandement éthique ne s’adresse pas à une bureaucratie. Il s’adresse à un cœur, au Bon Samaritain, qui sait se faire lui-même proche du pauvre. C’est le cœur qui rend sensible au visage, au cri. Ne bande-t-on pas les yeux du condamné à mort ? A cet égard, la disparition du visage dans l’Art Contemporain n’est sans doute pas anodine.

Comment Dieu traite les pauvres dans la Bible
par Monseigneur Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne

- Novembre 2014

A quelques semaines de Noël, l’évêque de Cayenne (*) a adressé début novembre à l’Académie d’éducation et d’études sociales un message fort rappelant, selon les mots de Jean-Paul II, que :“Pour être sûr d’être le plus proche de tous Jésus s’est fait le plus proche des plus loin”c’est-à-dire des plus pauvres, des plus exploités, des plus méprisés et des plus rejetés”. Dans une discours percutant il a ainsi expliqué que “Dieu n’aime pas qu’il y ait des pauvres et des riches ou plutôt que les riches ne s’intéressent pas aux pauvres, qu’il n’y ait pas de temps en temps et régulièrement une redistribution”. Mgr Lafont a ainsi plaidé avec force pour une juste “théologie de la libération” qui ne soit pas prisonnière des idéologies, une théologie du “partage, de la solidarité et de la redistribution quand c’est nécessaire”.

1.“Une société qui est construite sur l’injustice n’a plus d’unité et ne peut plus faire face aux défis qui sont les siens”

Dans un premier temps, Mgr Lafont s’interrogeant sur la manière dont Dieu traite les pauvres a ainsi cité le Livre du Deutéronome au chapitre 24 qui déclare : “De même quand vous secouerez vos oliviers, ne retournez pas chercher les olives oubliées. Laissez-les pour les étrangers installés chez vous, les orphelins et les veuves.

Si vous récoltez votre raisin, ne retournez pas chercher les grappes oubliées. Laissez-les pour les étrangers installés chez vous, les orphelins et les veuves. Souvenez-vous, vous avez été esclaves en Égypte c’est pourquoi je vous ordonne d’obéir à ces commandements. Parole du Seigneur.”

L’évêque de Cayenne a ainsi souligné le fait que le Dieu de l’Ancien Testament est un Dieu qui invite les croyants à une solidarité en actes envers les plus pauvres. Un Dieu qui ne cesse de rappeler à son peuple de ne jamais oublier qu’il a lui même été libéré de l’esclavage.

“Le Dieu qui traverse l’Écriture et dont le nom ne se prononce pas, est un Dieu qui s’est révélé autour d’un événement fondateur dans la vie du peuple juif, c’est la libération de la maison de l’esclavage et la sortie d’Égypte”. De telle sorte que Dieu se présente dans la Bible comme un Dieu qui libère, Dieu de libération.

Et l’histoire de l’Écriture Sainte, l’histoire de la Bible est une histoire de libération. Si j’ose dire, la théologie de la Bible est une théologie de la libération.”

Mgr Lafont a ensuite plaidé pour une juste “théologie de la libération” rappelant que si les papes avaient condamné celle ayant eu cours dans les années 70 et 80 - notamment en Amérique latine - ils avaient dans un texte intitulé Liberté chrétienne et libération rappelé que Dieu est bel et bien venu appeler les croyants à s’engager en actes en faveur d’une vraie justice sociale.

2.“Dieu n’aime pas qu’il y ait des pauvres et des riches ou plutôt que les riches ne s’intéressent pas aux pauvres, qu’il n’y ait pas de temps en temps et régulièrement une redistribution”.

Dans un second temps, Mgr Lafont a lancé de manière forte un appel aux personnes riches à mettre en œuvre cette solidarité avec les plus pauvres qui puisse les libère concrètement. Pour cela, il a fait mention des prophètes qui dans la Bible n’ont eu de cesse de rappeler aux gouvernants du peuple juif leur devoir à l’égard des plus démunis de leur peuple.

“Les prophètes, au nom de Dieu, demandaient que la justice soit rétablie.

Ils ne s’adressaient pas aux pauvres pour leur dire de se syndiquer (ce n’était pas dans l’air du temps, ils ne connaissaient pas le mot) ils s’adressaient au pouvoir central pour lui dire : « Vous ne respectez pas l’Alliance de Dieu en opprimant le pauvre qui est parmi vous en prenant ses champs » etc. etc”.

Mais prenons simplement Isaïe au chapitre 1 : (…) Éloignez de mes yeux vos actions mauvaises, arrêtez de faire le mal, apprenez à faire le bien. Cherchez à respecter le droit. Ramenez dans le bon chemin celui qui écrase les autres par l’injustice. Défendez les droits des orphelins, prenez en main la cause des veuves. Alors nous pourrons discuter.”

L’évêque de Cayenne a ensuite insisté sur le fait qu’une société qui n’est pas attentive à cette injonction divine court un grand risque, celui de perdre sa cohésion et son unité. Il a fait ainsi écho à son dernier ouvrage Jérémie revient (**) véritable cri en faveur des plus démunis.

“Une société unie par un même idéal, où chacun se sent solidaire des autres est une société qui peut faire face à des Goliaths. Mais une société où chacun tire son épingle du jeu en laissant l’autre pourrir de misère… Eh bien est une société qui n’a pas d’unité, n’a pas la vigueur morale pour faire face aux défis auxquels elle est confrontée.

C’est exactement l’analyse de Jérémie lorsqu’il dit : « Ce peuple qui vient du nord et s’appelle Babylone ne fera qu’une bouchée de vous parce que, comme vous avez abandonné l’Alliance de Dieu, que vous ne respectez pas le bien et vous commettez le mal, vous n’aurez pas la capacité de tenir tête à ce peuple qui vous entoure ».

Enfin, Mgr Lafont a souligné que le Royaume qu’est venu apporter Jésus il y a deux mille ans n’est pas autre chose que cette bonne nouvelle pour les pauvres. Une bonne nouvelle qu’il est urgent de rappeler à l’occasion de Noël.

“Le Christ est né pauvre et petit. Il est venu pour proclamer le Royaume, la venue du Salut, d’un Dieu qui sauve.

Il le dira d’une façon très forte dans les Béatitudes telles que les rapporte Luc au chapitre 6 de son Évangile, à partir du verset 20 où, à sa manière, il considère que tant que le monde est divisé entre ceux qui ont trop et ceux qui n’ont rien, Dieu prend le parti de ceux qui n’ont rien.

(Avec Jésus) Les vertus sont complètement inversées. Celui qui avait n’aura plus et celui qui ne voyait pas voit. Et tout est comme cela. Celui qui était le plus petit sera le plus grand, celui qui était le dernier sera le premier.”

(*) Mgr Lafont est évêque de Cayenne depuis 2004. Personnalité du clergé français, il est essentiellement connu pour avoir été prêtre pendant plus de dix ans en Afrique du sud du temps l’apartheid qu’il a combattu pour faire valoir l’égalité de tous les hommes, créés à l’image de Dieu.

(**) Jérémie, reviens ! Ils sont devenus fous !, éditions DDB, septembre 2012. Emmanuel Pellat, novembre 2014

De la pauvreté volontaire à la pauvreté évangélique : l’exemple de François d’Assise
par le Père Luc Mathieu ofm, auteur de « Approche franciscaine du mystère chrétien »

- Décembre 2014

« Pour une économie de la pauvreté »

1. La pauvreté volontaire un idéal multiséculaire :

Dans un premier temps, frère Luc a commencé par souligner que de tout temps des hommes ont fait de la pauvreté un idéal de vie vu comme un détachement nécessaire des biens de ce monde. Avec Jésus, il en est tout autrement puisque la pauvreté volontaire est d’abord vue comme un lieu d’union à Dieu.

« Face à cet instinct général (le désir de propriété) qui pousse à acquérir, conserver et multiplier ses biens propres, des personnes ont revendiqué la liberté de se passer de biens personnels au-delà de la stricte nécessité de quelques biens d’usages vitaux. On peut parler alors de pauvreté volontaire (…) (La pauvreté évangélique) C’est celle qui est louée par Jésus-Christ dans le Discours sur la Montagne, et qui au-delà des motivations citées plus haut, trouve son motif principal dans une recherche de communion avec Dieu-créateur et avec les autres créatures ».

2. Saint François et la pauvreté : un choix théologal :

Dans un second temps, il a parlé du choix de la pauvreté de saint François non comme un acte révolutionnaire, ni d’abord comme une manière d’être solidaire des plus pauvres mais comme une démarche de foi, celle de choisir de dépendre du Père et de renoncer à soi-même. Une pauvreté théologale, une pauvreté en esprit.

« On ne comprend rien au choix qu’a fait François de la pauvreté si l’on se contentait de l’expliquer comme une réaction contre un type de société, un simple refus du matérialisme. Son choix est totalement dépendant de sa relation à Dieu et de sa découverte du Christ qu’il veut suivre en acceptant l’Evangile et toutes ces exigences (…) Plus haut que la pauvreté des biens matériels, François place la pauvreté spirituelle qui est le détachement de tous les biens, y compris de ceux inhérents à l’existence personnelle, comme les talents, les qualité morales et surtout la volonté propre ».

3. Pour une « Economie de la pauvreté »

Enfin, frère Luc s’est interrogé sur la transposition de l’idéal franciscain à la vie économique actuelle. Sur ce point, il a tout à la fois souligné le décalage immense avec notre société de consommation et a en même temps insisté sur deux points : l’aspiration à une plus grande simplicité de nos contemporains et à une économie ordonnée à une plus grande justice sociale. Il appelle cela une « économie de la pauvreté ».

« Face à ce monde avide de richesses, de confort, de sécurité, la béatitude de la pauvreté semble peu appréciée et l’invitation franciscaine paraît totalement hors de propos. Pourtant nombreux sont dans notre monde super-organisé ceux qui aspirent à un renouveau de simplicité, de désencombrement, de transparence (…) (Le pape François) affirme, comme François d’Assise, que « pour l’Eglise, l’option pour les pauvres est une catégorie théologique, avant d’être culturelle, sociologique, politique ou philosophique... (…) Que pourrait-on proposer sous ce thème d’économie de la pauvreté ? Sinon un nouvel ordre mondial, comme l’ont réclamé les quatre derniers papes, depuis Paul VI jusqu’au pape François ». Emmanuel Pellat, décembre 2014

Vivre et survivre quand on est pauvre
par Jérôme Vignon, président des Semaines sociales de France

- Janvier 2015

Près de 8,5 millions de personnes vivaient en France, en 2012, sous le seuil de pauvreté. Mais comment comprendre cette observation statistique ? Que recouvre-t-elle du point de vue des personnes concernées ?

Cette communication tentera d’abord de répondre à la question de savoir ce qu’on entend aujourd’hui, en France et en Europe par « pauvreté subie ». Elle introduira ainsi une distinction entre pauvreté subie et exclusion sociale et rendra compte des travaux de recherche qui tentent de comprendre la pauvreté des personnes comme un processus social, avec différents degrés d’irréversibilités. Ce premier constat rejoint le souhait de l’AES de distinguer entre pauvreté et misère. On mesurera ainsi que les conséquences de la crise durable depuis 2008 sont d’accroître sensiblement la grande pauvreté.

Que vivent et comment vivent ces personnes pauvres et plus particulièrement les plus pauvres d’entre elles dont les ressources se situent dans le premier décile des revenus ? Seront alors exposés deux sortes d’observations : les mesures quantitatives des contraintes matérielles ou des privations éprouvées au quotidien par ces familles ; les sentiments qu’elles éprouvent quant au regard porté sur elle par l’ensemble de la population et particulièrement dans leur relation avec les travailleurs sociaux qui les accompagnent.

On est conscient que ces résultats issus d’enquêtes ne peuvent vraiment se substituer à une écoute directe des personnes pauvres. Ils introduisent cependant à la question clef de la reconnaissance sociale des personnes et des groups les plus défavorisés dans notre pays, inséparable des « pistes « politiques en débat pour lutter contre la pauvreté dans le contexte du ralentissement économique que nous connaissons.

Les manques de repères, la misère des familles
par François Content, directeur général d’Apprentis d’Auteuil

- Février 2015

Réussir sa vie de famille est le souhait principal des personnes sondées par les enquêtes d’opinion.

Et pourtant, un constat s’impose : les familles sont de plus en plus fragilisées, les couples à durée de vie limitée augmentent, le nombre d’enfants qui grandit dans des familles monoparentales est en forte croissance. Il y a urgence à accompagner les parents !

François Content, fort de son expérience professionnelle de près de vingt ans comme directeur d’Apprentis d’Auteuil et de ses engagements en pastorale familiale, veut nous faire partager la nécessité de venir en aide non seulement aux jeunes en difficulté mais aussi aux familles fragilisées. Au travers des expériences menées à Apprentis d’Auteuil, il nous fera nous rendre compte de la révolution de mentalités qui est en marche : il ne s’agit plus de se substituer aux parents mais de les aider, en se situant dans une posture de coéducation, à occuper pleinement leur rôle éducatif.

Entre responsabilité et assistanat : l’exploitation des familles
par Jacques Bichot, Professeur émérite d’économie de l’Université Lyon III, membre honoraire du Conseil économique et social

- Mars 2015

Pour une révolution copernicienne de la politique familiale

En France, la paupérisation des familles est réelle. Selon un rapport publié par l’INSEE en 2014, le niveau de vie d’un couple d’actifs sans enfant se situait en moyenne à 30050 euros par an contre 22520 euros pour un couple d’actifs avec trois enfants. Lorsque la femme est « professionnellement inactive », ce dernier tombe même à 15630 euros. « Professionnellement inactive », une terminologie qui en dit long sur l’idée que l’on se fait du rôle des femmes au foyer et par extension des familles dans la société française. Qui sait en effet que ce même INSEE évalue le temps de travail domestique d’une femme comme à peu près équivalent en nombre d’heures à celui d’un travail professionnel ? Une logique de fond qui a conduit la France à considérer l’ensemble des aides financières aux familles comme une aumône qui leur est faite et non comme une juste contrepartie de l’éducation de leurs enfants. La paupérisation des familles tient avant tout à cette conception erronée de leur rôle dans la société française. Le meilleur exemple de cette erreur est le mode de fonctionnement de notre système de retraite par répartition. Né après la seconde guerre mondiale, ce système part du principe que ce sont les actifs qui paient les pensions des personnes à la retraite. Dans un tel système, non seulement avoir des enfants constitue un facteur de paupérisation durant la période où on les élève, mais il appauvrit également les pères et mères de famille retraités qui touchent des pensions plus faibles : la carrière professionnelle féminine est souvent incomplète et l’investissement fait par les familles dans la jeunesse est compté pour rien. A l’époque, seules quelques voix s’élevèrent pour souligner l’escroquerie ainsi réalisée, notamment celle du grand démographe Alfred Sauvy. Il rappela à bon escient que ces cotisations vieillesse ne pouvaient être préparées à long terme que par la mise au monde et l’éducation des enfants... La politique familiale pour être cohérente avec la réalité économique doit reconnaître que l’investissement des parents a vocation à procurer des droits à pension. Pourtant, aujourd’hui, comme le dit l’économiste Michel Godet, la formule individuellement gagnante en matière de retraite est celle du « double income, no kid », soit celle de deux actifs sans enfant alors que c’est élever des enfants qui prépare les retraites futures. Une contradiction choquante entre ce qui fonctionne au niveau individuel et ce qui sert de fait au niveau de la nation à préparer l’ensemble des pensions. Si la logique des choses était respectée les prestations familiales devraient être plus conséquentes ou la « production des familles » (l’entretien et l’éducation des enfants) devrait ouvrir droit à des pensions de retraite majorées. Bref, une véritable révolution copernicienne.

Elle m’a regardé comme une personne
par le Père Jean-Philippe Chauveau, prêtre de l’association Magdalena, auteur de « Que celui qui n’a jamais péché »

- Avril 2015

La pauvreté n’est pas une abstraction. C’est la personne pauvre qu’il faut essayer de connaître, de comprendre. Sujet éminemment respectable, elle fait face à sa manière à la dépendance qui résulte d’un revers de fortune ou d’une lente descente dans la misère. En sortir par la drogue ou la prostitution n’est qu’une illusion. Le remède qui nous est proposé passe d’abord par la restitution à ces personnes, de leur dignité et de l’espérance. Comment les aborder ? Quelle aide peut-on apporter ? Laissons la parole à celui qui s’est engagé dans cette voie courageuse après avoir fait l’expérience d’un début difficile dans la vie.

Le rôle de l’État et des particuliers, la subsidiarité
par Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC

- Mai 2015

Saint Vincent de Paul et les pauvres
par le Père Jean-Christophe Chauvin, religieux de Saint Vincent-de-Paul, membre du Conseil de l’AES

- Juin 2015

La liste des œuvres de charité que St Vincent de Paul a entreprises aux services des pauvres est impressionnante : missions paroissiales dans les campagnes, confréries de charité pour secourir les pauvres malades, assistance aux forçats, assistance aux provinces ruinées par la guerre, œuvre des enfants trouvés, missions à Tunis et jusqu’à Madagascar. Sans compter l’œuvre des Ordinands et la Conférence du mardi, qui ne contribuèrent pas peu au réveil spirituel du 17ème siècle. Pour mener à bien toutes ces œuvres, il fonde la Congrégation de la Mission et les Filles de la Charité.

Pourtant, dira-t-il souvent à la fin de sa vie : "Je n’y avais jamais pensé". Alors, comment St Vincent de Paul a-t-il pu faire tant de bien, tant dans le domaine corporel que spirituel ? C’est ce que nous essaierons de comprendre en allant voir dans le détail comme tout cela est arrivé...