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Programme 2016-2017 : L’engagement dans la cité
6 septembre 2016

Aujourd’hui, l’individu est sommé de se réaliser lui-même en toute autonomie et, de ce fait, la société est en crise, en voie de déconstruction. Retrouver le sens d’un engagement collectif pourrait tout à la fois être le moteur et l’objectif d’une mobilisation des jeunes générations dans la vie de la cité. Une réflexion sur le sens et les modalités de l’engagement dans différents secteurs, politique, formation, culture, économie, éducation, famille, sans oublier l’engagement en vue du Royaume, est apparue comme particulièrement pertinente à l’Académie d’éducation et d’études sociales. Avec ses membres et invités aux horizons et responsabilités variés, elle proposera des réflexions et tentera de définir des moyens d’action dans les domaines d’activités qui sont ceux de chacun d’entre nous, à partir d’un éclairage humain et spirituel.

Pourquoi s’engager ? par Jean-Marie Salamito, Professeur d’Histoire à l’Université Paris-Sorbonne
- Jeudi 13 octobre 2016

S’engager pour son pays par Jacques Trémolet de Villers, Avocat
- Jeudi 17 novembre 2016

S’engager pour la formation des jeunes, s’engager pour la liberté d’éducation et d’enseignement par Michel Boyancé, Doyen des Facultés libres de Philosophie et Psychologie - IPC
- Jeudi 1er décembre 2016

N’est-il pas curieux que la France soit l’un des rares pays d’Europe où la liberté de l’enseignement supérieur soit de plus en plus limitée ? Après s’être battus pour la liberté de l’enseignement primaire et secondaire, pour répondre à une réelle attente, il paraît surprenant que les différents composants de l’enseignement et de la formation des jeunes souhaitent par dessus conforter le monopole de l’État, au lieu de s’interroger sur la juste place de la puissance publique. Si l’on tient à la liberté d’enseignement pour le primaire et le secondaire, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout ? Pourquoi ne pas proposer ou du moins accepter cette liberté dans l’enseignement supérieur qui marque profondément l’orientation des jeunes pour leur vie d’adulte ? Pourquoi ce monopole de l’État est-il aujourd’hui si prégnant ? Ne pose-t-il pas en fait une question fondamentale à nos démocraties ? N’est-ce pas contradictoire avec l’enseignement social de l’Église, alors que beaucoup de défenseurs de l’école libre s’en réclament ?

Après avoir fait l’état des lieux de l’enseignement supérieur privé en France, Michel Boyancé tire les conséquences pédagogiques pour les jeunes qui souhaitent une nourriture et une formation réelle pour leur insertion dans la vie professionnelle, puis il donne des pistes de ce que pourrait être un réel équilibre entre le privé et le public dans l’enseignement supérieur.

L’entrepreneur engagé
Jean-Marie Schmitz, Ancien directeur général de Lafarge Maroc
- Jeudi 19 janvier 2017

A la lumière de l’expérience qu’il a vécue comme directeur général de Lafarge Maroc pendant 11 ans, Jean-Marie Schmitz a expliqué le lien étroit entre la culture régnant dans une entreprise, la façon dont les hommes y sont informés, considérés, traités et le niveau de ses performances et de ses résultats économiques. Il l’a fait en exposant les 5 leviers dont il s’est servi pour d’abord créer un ensemble homogène à partir des quatre sociétés très hétérogènes qui avaient été fusionnées dans une entité nouvelle, et ensuite transformer le mode de management et la culture de l’entreprise. Ces 5 leviers ont été :

- la responsabilisation de l’encadrement à travers la façon dont étaient décidées et communiquées les augmentations de salaires, et une formation sur le rôle "social et humain" qui doit être le sien ;

- la gestion très novatrice au Maroc du licenciement de 125 des 195 salariés de la vieille cimenterie de Tétouan, remplacée par une usine moderne produisant quatre fois plus de ciment avec deux fois moins de personnes, mais avec des qualifications que cinquante d’entre eux seulement pouvaient acquérir. En acceptant d’informer les intéressés 21 mois avant la fermeture de l’usine, en privilégiant l’aide à la création de micro-activités (formation, soutien financier)ce qui aurait pu être un drame humain s’est traduit par la création de deux fois et demi plus d’emplois qu’il n’en avait été supprimé.

- le développement du travail en équipe, à travers un projet faisant travailler ensemble commerciaux et personnel des usines, et un autre concernant la maintenance des usines, dont les résultats sur 18 mois ont été spectaculaires (division par 4 des arrêts sur incident et réduction de 25% du coût de la maintenance) ;

- la définition très participative (ensemble des cadres et de la maîtrise supérieure) d’un court document intitulé "Notre ambition pour Lafarge Maroc" explicitant comment "être l’entreprise la plus attrayante et valorisante pour nos collaborateurs".

- des formations de "culture générale" pour la quarantaine des principaux cadres de Lafarge Maroc, et au management par équipes de travail pour l’ensemble des cadres.

Pendant cette période, les résultats financiers ont très fortement progressé : chiffre d’affaires multiplié par 2 (croissance de l’économie marocaine) mais résultat d’exploitation multiplié par 4 (efficacité de l’entreprise) et sur les 5 meilleures usines de Lafarge à travers le monde, 2 étaient marocaines. Dans le même temps, le nombre de cadres a presque triplé, dont une bonne part par promotion interne.

Se trouvent ainsi confirmés par les faits les propos de Jean-Paul II sur le fait que" la caractéristique du travail est avant tout d’unir les hommes" (Laborem exercens) et que "le développement intégral de la personne dans le travail…favorise une meilleure productivité" (Centesimus annus)

L’engagement chrétien dans la culture et la communication par Père Thierry-Dominique Humbrecht o.p., Professeur de Philosophie et de Théologie
- Jeudi 23 février 2017

Le Christ est le Verbe fait chair, le Verbe communiqué. Pourtant, de la culture et de la communication, ses disciples sont les grands absents. C’est à cette réflexion que le Frère Thierry-Dominique Humbrecht [1] s’est livré lors de sa communication à l’AES le 23 février 2017.

Vingt mille prêtres, tel est le nombre de ceux qui, en raison de leur âge, ne pourront bientôt plus assurer leur charge. Or la France compte seulement huit cents séminaristes. Dans l’Eglise, les beaux projets sont nombreux, mais quels qu’ils soient ils se heurtent à la réalité du faible nombre d’acteurs, dans le clergé comme chez les laïcs.

Concernant plus particulièrement les laïcs, comment se fait-il que les catholiques, pourtant défenseurs de la transmission, aient majoritairement déserté le monde de l’enseignement, de la culture et de la communication ? Le constat d’une étanchéité entre la foi et le métier choisi est criant, bien des familles chrétiennes préférant orienter leurs enfants d’abord vers des métiers rémunérateurs. Cette étanchéité est sans doute aussi le fruit d’un certain penchant pour la pratique de l’enfouissement selon laquelle la présence d’un chrétien suffirait à deviner le Christ. Nous payons aujourd’hui le prix de dizaines d’années de silence.

D’où l’urgence d’une prise de conscience de l’importance pour les catholiques de disposer de très nombreux acteurs, cultivés et professionnels, dans les domaines de la culture et de la communication, qui s’engagent pour une œuvre réellement chrétienne. Le christianisme qui ne se dit pas est un christianisme qui se perd.

[1] Thierry-Dominique Humbrecht est dominicain, philosophe et théologien, auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Eloge de l’action politique (Parole et Silence, 2015) et Evangélisation impertinente (Parole et Silence, 2012).

S’engager pour l’éducation de tous par Éric Mestrallet, Fondateur et président de la Fondation Espérance banlieues
- Jeudi 16 mars 2017

Valoriser le mariage et la famille par Aude Mirkovic, Maître de conférences en Droit privé Porte-parole de l’association Juristes pour l’enfance
- Jeudi 27 avril 2017

S’engager dans la cité pour le Royaume par Mgr Luc Ravel, Évêque aux Armées
- Jeudi 8 juin 2017

Les communications du cycle de réflexion de l’Académie d’éducation et d’études sociales sont ouvertes à ses membres et ses invités.

Contact : contact@aes-france.org

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