Dans les années qui suivirent la fin de la Grande Guerre mondiale, un couple franco-américain, catholique et protestant, Edmond et Suzanne Bruwaert, ont ressenti la nécessité de réflexions et de recul face aux drames vécus dans ces temps troublés. Ils ont fondé l’Académie d’éducation et d’études sociales en en déposant les statuts en 1923 dans le contexte d’une époque où les textes proposés par l’Église dans la veine des premières encycliques de Léon XIII sur la doctrine sociale avaient une certaine influence. Les Bruwaert ont été assurément des prophètes et des visionnaires en proposant à leurs contemporains de réfléchir et de mettre en pratique les recommandations de l’Église pour aider la société à mieux vivre. Ce fut Mgr Baudrillart, recteur de l’Institut Catholique de Paris (et futur cardinal) qui fût le premier président de l’Académie. Son successeur en 1930, Georges Goyau (membre de l’Académie Française), fit rayonner l’AES en gardant en mémoire la formule de son ami Henri Bazire (président de l’Action catholique de la jeunesse française) « Nous sommes sociaux parce que catholiques ». Il fit entrer de nombreuses personnalités : Auguste Isaac (président de la Fédération nationale des Associations de familles nombreuses), Mgr Eugène Beaupin, Alfred Michelin (syndicaliste, puis directeur des éditions La Bonne Presse), Robert Schuman, Simone de Keranflec’h (présidente des Associations rurales féminines), Andrée Butillard (fondatrice de l’Union féminine civique et sociale- UFCS), Léonie Chaptal, etc.
Dans sa définition d’origine, cette institution composée de philosophes, universitaires, chefs d’entreprise, hauts fonctionnaires, historiens, médecins, voulait « coordonner, unifier, encourager, guider et aider le travail social ». Différentes sections structuraient l’organisation de l’académie autour de la morale, la famille, l’éducation, le travail et la prévoyance. Il s’agissait de « se mettre en contact avec tous ceux dans le pays qui réfléchissent et qui agissent en vue du progrès social ».
Avant la Seconde Guerre mondiale, l’Académie a travaillé sur tous les sujets de société portés par de hautes personnalités, de divers horizons. Elle a notamment été un creuset dans lequel s’est développé le concept d’Allocations Familiales : une proposition de loi tendant à les rendre obligatoires fut élaborée en 1929, en liaison avec la CFTC, par Maurice Eblé qui intervient régulièrement à l’AES et par Jean Lerolle, alors secrétaire de l’AES avant d’en devenir le président. Ce dernier fut le rapporteur de la loi de 1932 qui conclut cette initiative.
Après la Guerre, l’Académie continue être un cercle de réflexion et de recherche reconnu et influent, sous la houlette de Joseph Zamanski, président de 1948 à 1962.
Depuis ces quarante dernières années, l’AES travaille sur un large spectre des préoccupations actuelles en se fondant sur une anthropologie chrétienne qui est source de vie et que les membres cherchent à approfondir à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise. Les sujets traités touchent aussi bien les thèmes de la vie, de la mort, de l’économie, l’entreprise, la famille, le travail, que ceux de l’engagement, l’enracinement, etc. Elle organise ses séances mensuelles en faisant venir un intervenant différent à chaque fois et en publie le compte rendu dans ses Annales.
Dès la fin des années 1990, l’AES conserve le compte rendu de ses séances sous forme de fichiers accessibles sur son site internet.
L’Académie poursuit, à partir de 2018, dans ses travaux annuels un cycle de réflexions fondamentales sur le destin de l’homme aujourd’hui. Entamé avec Dépasser l’humain ? consacré à la question du transhumanisme, poursuivi pendant deux ans (2019-2021) sur le thème Enracinement et bien commun, ce cycle fondamental a traité ensuite des questions essentielles sur la vérité, (La vérité se décide-t-elle ? 2021-2022), la liberté (La liberté et les libertés (2022-2023), la transmission de la vie (Transmettre la vie – enjeux démographiques, anthropologiques et sociaux (2023-2024) et les exigences de l’éducation (La responsabilité éducative – Former des personnes libres, 2024-2025).
L’AES célèbre son centenaire en 2023 avec plusieurs actions importantes. D’une part, il y a la publication d’un livre collectif écrit par des membres de l’AES intitulé « L’homme au travail, pourquoi ? » qui est suivi d’un colloque de prestige au Collège des Bernardins sur le même thème en janvier 2023 avec la participation de nombreux experts du sujet. D’autre part, une soirée historique est organisée à l’Institut Catholique de Paris en souvenir du Cardinal Baudrillart. Enfin l’AES publie avec Charlotte Le Bouteiller-Chaunu une histoire de l’AES intitulée « 100 ans au service du christianisme social » (éd du Bien Commun, 2024, voir ci-dessous).
Depuis 2024, l’AES relance des sections thématiques regroupant ses membres en fonction de compétences et centres d’intérêt spécifiques, pour produire des analyses originales sur des sujets ciblés (voir l’onglet ‘Contributions des sections’).
Hormis ses travaux académiques de réflexion et d’approfondissement, depuis de nombreuses années, l’AES récompense par un Prix un ouvrage novateur et formateur, destiné au grand public et répondant aux valeurs de tradition sociale et d’anthropologie chrétienne (voir « Prix de l’AES »).
Depuis 1923 :
1 couple fondateur, 10 Présidents successifs…

Edmond et Suzanne Bruwaert,
Fondateurs

Cardinal Baudrillart,
Recteur de l’Institut catholique

Georges Goyau,
de l’Académie Française

Jean Lerolle,
Député de Paris

Joseph Zamanski,
Président du Patronat Chrétien

Robert Garric,
de l’Institut

Henri Guitton,
de l’Institut

André Aumonier,
Président du Secours Catholique

Jean-Didier Lecaillon,
Professeur des Universités

Ghislain Lafont,
Dirigeant d’entreprise


